lundi 8 février 2016

Les délices de Tokyo

Auteur : Durian Sukegawa


Introduction
Né à Tokyo en 1962, Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l'École de pâtisserie du Japon. Après une carrière de scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique. De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d'une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.
Il est l'auteur de nombreux romans et essais. "Les délices de Tokyo" est son premier livre traduit en français.
(Source : Albin Michel)


Résumé
« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.
Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.


Mon avis
Envoûtée : c'est l'état dans lequel je suis au moment où j'écris cette chronique.

Au départ, j'étais intéressée par le film, dont la bande-annonce semblait prometteuse. En me renseignant un peu plus sur celui-ci, j'ai appris qu'il était inspiré du roman de Durian Sukegawa. Ca tombe bien : le roman vient juste de sortir en français !
Je n'ai pas beaucoup réfléchi : je voulais voir le film (qui sort mercredi en Belgique), mais je voulais d'abord lire le livre... Je me le suis donc procuré, et je l'ai lu.

Une claque. J'ai été littéralement happée par l'histoire, et je l'ai lue pratiquement d'une traite !

Sentarô, qui n'a plus goût à grand-chose (sauf à l'alcool), vend des dorayaki pour rembourser ses dettes. Un jour, il reçoit la visite de Tokue, une vieille dame aux doigts déformés, qui semble prête à tout pour se faire embaucher dans son échoppe.
Sentarô, mal à l'aise à la vue des mains de Tokue, accepte tout de même de goûter la pâte de haricots que celle-ci a préparée. Il doit se rendre à l'évidence : cette pâte, délicieuse, n'a rien à voir avec la fadeur de la pâte industrielle qu'il utilisait jusque-là. Convaincu que la pâte de Tokue serait une plus-value pour ses dorayaki, et las de tenir l'échoppe seul, il finit par embaucher la vieille dame.

D'abord timide, la relation qui s'établit entre eux finit par s'emplir d'une tendresse sincère. Ces deux êtres que la vie n'a pas épargnés vont trouver en l'autre une résonance à leur souffrance passée : tous deux ont été, à un moment de leur existence, mis au ban d'une société dans laquelle ils peinent à se refaire une place.

Mais le passé de Tokue la rattrape, et elle disparaît de la boutique, non sans avoir fait à Sentarô une mystérieuse recommandation : "Soyez à l'écoute de toute chose."

"Quels que soient nos rêves, un jour, on trouve forcément ce qu'on cherchait grâce à la voix qui nous guide, j'en suis convaincue. Une vie est loin d'être uniforme. Parfois, sa couleur change du tout au tout. [...] La nuit, il suffit de tendre l'oreille au murmure des étoiles pour sentir le cours de l'éternité."

Intrigué, Sentarô se rend à l'adresse où vit Tokue, sans savoir que ce qu'il s'apprête à découvrir dans ce lieu chargé d'histoire pourrait bien changer sa vie à jamais...

C'est un magnifique message d'espoir qui nous est délivré à travers ces personnages attachants.

On retrouve dans ce roman cette capacité des auteurs japonais à mettre de la beauté et de la poésie dans les choses les plus simples, et je n'ai pas été surprise d'apprendre que Durian Sukegawa était également poète.

Les émotions se sont bousculées tout au long de ma lecture, et j'ai mis du temps à poser le livre lorsque je l'ai terminé, tant j'étais subjuguée par ce qui en émanait. La première chose que j'ai faite ensuite, c'est aller observer le petit cerisier que j'ai dans mon jardin, et qui arbore déjà quelques jolies fleurs roses.

Je ne sais pas encore ce que donnera le film, mais je pense que j'ai trouvé un nouveau "livre-doudou" :)

Mon premier coup de coeur de 2016 !

Et bravo à Myriam Dartois-Ako pour la traduction !


Challenge concerné


4 commentaires:

  1. Pour l'instant j'ai seulement vu le film, qui m'a beaucoup ému. J'ai commandé le livre et j'ai hâte de le recevoir pour le lire :) !

    RépondreSupprimer
  2. Je ne peux que succomber à ta chronique, et suis maintenant hyper impatiente de me le procurer, et évidemment de le découvrir !!! Merci ma Nekoquinette :)

    RépondreSupprimer
  3. Merci pour votre passage les filles ! J'espère que vous serez séduites par ce petit bijou :)

    RépondreSupprimer
  4. Ta critique enthousiaste me donne encore plus envie de le découvrir !

    RépondreSupprimer